les chroniques de Lucien Rama

Lucien Rama, critique d’art, nous propose de découvrir chaque jour virtuellement une des œuvres de l'exposition collective  "Y a-t-il encore un printemps ?" à la Galerie du Château Mottin.

Chronique n°20

Colette Rigo

 

Colette Rigo nous plonge dans un printemps qui balance entre figuration et abstraction. C’est un talent de pouvoir peindre un paysage, composé de grands espaces vaporeux aux couleurs dépouillées, qui évoque la nature dans sa présence plus que dans sa forme.

Amoureuse de sa Hesbaye natale, une terre fertile, où parfois la couleur de la fleur de colza défie le ciel d’orage. Et pourtant, à bien regarder le tableau: on devine une forme de distanciation sociale, de solitude à la manière de Hopper. N'aurait-elle pas voulu illustrer le confinement avant l'heure ? Par sa sensibilité même, parfois l'artiste devient un révélateur...

L’atmosphère de son oeuvre, un rien mélancolique, n’est pas celle d’un monde qui change. Il ne s’agit pas d’une représentation du réel mais d’une sublimation de la nature.

Ne cherchez pas la montagne Sainte-Victoire, le symbole cézannien par excellence dans le travail de Colette.

Voilà une artiste, formée aux Beaux-Arts, qui prône une liberté plastique absolue pour mieux exprimer les émotions pures.

Sa démarche, située non loin d'un certain lyrisme, est essentiellement motivée par une expérience artistique qui lui procure d’intenses émotions et qu’elle souhaite partager


Chronique n°19

 Bernard Wilkin.

 

Grandir à côté d'une centrale nucléaire ? Fukushima, Hiroshima, la catastrophe de Tchernobyl ? Les artistes d’aujourd’hui sont très sensibles à la question nucléaire car le monde de l’art contemporain, aime par essence, questionner et bousculer les normes sociales.

L’intérêt du «Printemps» de Bernard Wilkin est de montrer à quel point le nucléaire est aujourd’hui totalement infiltré dans nos paysages alors qu’il rend les terres invivables pour l'Homme pour des milliers d'années.

La veine créatrice de ce dynamique docteur en histore de renom, ayant étudié les arts au Royaume-Uni, s’exerce dans de nombreux domaines, avec une intensité remarquable.

Privilégiant le dessin, il réalise ici une œuvre monochrome, faite à partir d’un simple marqueur à l’encre de chine noir.

A la manière d’un street artiste, il interroge son époque, construisant ainsi un répertoire d'images qui prouvent que l’homme d’aujourd’hui, cherche sa place tant face à la technologie que vis à vis de son rapport à la nature ? Le public ne résistera pas à cette griffe minimaliste particulièrement pertinente.


Chronique n°18

Michel VANSTRACEELE

 

Inventif et extrêmement productif, Michel Vanstraceele, artiste peintre, possède de solides connaissances musicales qui irriguent sa pensée et ses toiles.

Dès son plus jeune âge, il se passionne pour les arts visuels. Entre Paul Klee et François Cheng qu'il vénère, les tableaux de Michel Vanstraceele dégagent une impression résolument positive.

Tout l’art de cet artiste complet se nourrit avec simplicité, de la beauté, du rythme et de la force des éléments qui l’environnent. Il sait que la peinture sert à autre chose qu'à "représenter" tant les passerelles apparaissent nombreuses entre la peinture et la musique.

Longtemps, la découverte du jazz a agi sur lui comme une révélation sur sa réflexion et son travail. Mais pour cette exposition, autour du thème du printemps, rien n'est plus concret, plus réel qu'une ligne, qu'une couleur, qu'une surface. Le vert du mois de mai semble dominer dans cette valse tubulaire...qui nous murmure:"fais ce qu'il te plait!"

Son œuvre ne comporte pas de message, ni d'orientation, elle est un point de départ donné à celui ou à celle qui regarde. Il est laissé à chacun la liberté de voir et de s'émouvoir, de s'approprier l’univers poétique de l’auteur.

Après plusieurs années de recherches et d’expérimentations, à la recherche d'une expression universelle, Micle, un rien prolifiquen a créé un langage formel personnel, où la ligne, la forme géométrique deviennent par eux-mêmes signifiants. N’est-ce pas là l’essentiel ? Voilà pourquoi, son "abstraction" invite à la contemplation, à la réflexion…qui virevolte comme une hirondelle.


Chronique n°17

TOSKA
Vous n’avez pas pu passer à côté de son «Printemps » joyeux et acidulé lors de l'exposition des confinés au Chateau Mottin.
Depuis 2008, Toska est devenu l’un des jeunes graffeurs les plus emblématiques de Liège.
Le jeune peintre vibre au rythme des Arts Premiers et de Juan Miro. Quelles bonnes références!
Son graphisme libre et élégant, baigné de couleurs flamboyantes ou fluorescentes évoque l'écriture automatique.Mais attention aux apparences...
Street-artiste, peintre, sculpteur… Nicolas Ravet de son vrai nom, ne saurait rentrer dans des cases de critiques, car il revendique sa liberté de création en tenant compte de la spatialité des lieux qu’il investit.
Ancien élève des Beaux-arts de Liège, il fut en résidence de création à Bangkok. Comme tous les artistes, il n’aspire qu’à une chose : donner libre cours à un style pictural personnel.
Ainsi, en mariant le geste à divers pigments et textures, par la technique du dripping, l'artiste compose d'audacieuses compositions, vibrantes et rythmées,un rien psychédéliques.
C'est bizarre, je pense à François Cheng.Rien à voir?
Tous les matins, le romancier "calligraphie" aussi pour entrer dans le rythme de la vie. En ce sens, on peut parler de filiation...


Chronique n°16

ERIC LAGAMME

Comment ne pas remarquer les œuvres d'Eric Lagamme suspendues dans la galerie d’art du château Mottin de Hannut ?
Faites de bois, de cordes et de papier, elles nous ouvrent les portes d’un monde poétique et spirituel, empreint à l'imaginaire d'un artisan philosophe.
Tout au long de son parcours artistique qui débute dans les années 80, cet ancien élève d’André Slama s’affranchit rapidement de toute référence à la figuration. Le papier, qui lui servait de support a de nombreux pastels devient l’objet, l’œuvre.
Son printemps se situe au carrefour de la peinture, de la sculpture et du textile
Aujourd’hui, dans son atelier de Grace-Hollogne où il passe beaucoup de temps, il mène au quotidien un travail remarquable d’encadreur d’art passionné de sophrologie.
Issus d’un long travail de patience, inspirés des gestes ancestraux, les tressages d'Eric nous interpellent, car ils sont nés d’une quête méditative. Certes, il plie le carton, le coupe, le colle invitant le spectateur à entrer au cœur de spirales qui évoquent l’attrape-rêves, les mandalas et suggèrent de nouveaux mondes faits d’origamis labyrinthiques.
Mais c’est parce que le papier fait écran à sa propre beauté" nous précise Pierre-Marc de Biasi, historien du papier.
Et pourtant, avec ces reliures cosmiques, l'artiste joue sur le fini et l'infini, le construit et l'inachevé.
L’apparition de ces entrelacs laisse présager un questionnement sur le temps, le fini et l’infini et le rapport de force entre le vide et l’espace.
Il n’y a pas de doutes, plus que la pierre, le papier est notre mémoire.

Chronique n°15

Eric NUBUK FRANÇOIS

Artiste pluridisciplinaire, Eric peint au milieu d'un parcours aussi visuel que musical.

Pour le bassiste du groupe Everyone is Guilty (country alternative),

créer est un besoin vital.

La vie le fascine dans toute sa richesse et sa diversité car son art porte la trace des étapes de son existence, de ses rencontres et de ses expériences. Chaque sentiment, réel ou rêvé, vécu ou imaginé, s’invite dans ses compositions très poétiques.

Très tôt, le dessin a pris une place importante dans sa vie d’artiste, naturellement prolongé par des études artistiques à Saint-Luc Liège.

Après quelques années, il trouve son style: un dessin dynamique, spontané et réalisé sur le vif. Le trait est souvent puissant et appuyé, parfois vibrant.

Dans son atelier, l’artiste aime surprendre le spectateur. Il construit ses œuvres à la manière d’un metteur en scène en disposant ses "acteurs" comme dans le tableau «Les Epoux de mai », une acrylique sur toile, exposée dans le cadre de l’exposition «Y-a-t-il encore un printemps?".

Un coupe de jeunes, presque irréels, très jazzy, tirés de son imaginaire, semblent aller de l’avant...

Cette œuvre qui me rappelle un rien l’univers graphique de Tim Burton s’ouvre comme une fenêtre sur son imaginaire, laissant entrevoir un univers onirique "suspendu" entre réalité et fantasme.

L'art consiste parfois à dire l'indicible. « La simplicité est la sophistication suprême » disait Léonard. Un artiste à découvrir.



Chronique n°14

CORYSE KIRULUK

De prime abord, les œuvres de Coryse Kiriluk interpellent car elles cultivent l'éphémère! Blanches et lumineuses, elles ressemblent à des fleurs d’ossements.
N'y voyez pas un rituel macabre. Il y a simplement une forte dimension philosophique dans ce travail singulier qui évoque la métaphore du Phoenix, cet oiseau capable de renaître majestueusement de ses cendres.
Tout ce qui est vivant meurt un jour, nous sommes donc dans le cycle des saisons, le thème de cette exposition.
Coryse vit à Grand Hallet. Son histoire n’est pas celle du kintsugi qui permet de sublimer les blessures, de transcender les épreuves.
Son histoire est celle d’une artiste belge, architecte de formation, art-thérapeute, qui réinterprète les codes de la céramique contemporaine depuis de nombreuses années avec une véritable dimension spirituelle.
Le regardeur n’est pas sollicité en vue d’une subjugation esthétique, mais pour participer à une forme d'invitation à la résilience.
Le résultat en est des formes nouvelles, peu explorées, souvent cuites dans des fours-papiers, mais dotées d’une esthétique très personnelle qui nous rappelle la fugacité de la vie.


Chronique n°13

Luc PUCCI

Se poser, s’ouvrir à l’instant présent pour laisser circuler l’énergie de la vie. Le hasard n’est pas le fil conducteur de l’œuvre de Luc Pucci.
Il séjourne aujourd’hui dans les Ardennes, où il apprécie les lumières inspirantes du Printemps.
Profitant d’une liberté tant dans la gestuelle que dans la couleur, cet artiste formé aux Beaux-Arts de Liège, nous invite à appréhender chacune de ses toiles comme une expérience à part entière.
Je l’ai rencontré au hasard d’une exposition en 1999. Sa peinture était déjà passionnante, spontanée et expérimentale, laissant toujours la place à des découvertes chromatiques inattendues.
Son art singulier demeure un voyage passionnant pour les sens. Ses antécédents de subtil coloristes éclairent ma raison.
J’y vois l’héritage de William Turner, de Nicolas de Staël et de Mark Rothko.
Voilà surtout un peintre qui instaure dans ses œuvres un dialogue entre les formes et les couleurs, entre l'air et l'eau, les pierres et le ciel. Et c’est cette profondeur qui encourage le spectateur à prendre part à l’histoire inachevée qu’il raconte.


Chronique n°12

Vincent RAMIREZ

 

La Sagesse du Hibou

Ce soir, je me suis laissé émerveillé par un sublime chant d’oiseau … comment ne pas être touché face à tant de beauté ?

Vincent RAMIREZ nourrit depuis longtemps un goût prononcé pour le dessin et la peinture. Artiste peintre, formé aux Beaux-Arts de Liège, il se distingue par sa capacité à retranscrire avec finesse et réalisme le monde animal et humain.

Depuis quelques décennies, fasciné par la faune et la flore, il fait parler son imaginaire. Un certain réalisme magique lui inspire des toiles figuratives, colorées et lumineuses mais surtout superbement narratives.

Pour l’exposition de Hannut, son printemps est surtout fait d’oiseaux exotiques qui se perdent dans une nature luxuriante.

Comment ne pas être touché face à ces couleurs chatoyantes et vibrantes ?

Certes ses œuvres prônent la beauté, la grâce, la pureté ou encore la force et la plénitude d’un paradis perdu .Bien sûr, les scènes que l’on observe sont de vrais rêves, énigmatiques, dont le sens échappe parfois mais dont la singularité fascine

Il doit avoir lu La Fontaine ou Gabriel Garcia Marquez car la forêt tient souvent une place prépondérante. Pour ses talents de coloriste et pour la poésie qui habite ses tableaux, il doit aimer Goya ou Toulouse Lautrec.

Certes, ses œuvres mettent en scène des sujets fantastiques ou tout un bestiaire se déploie amplement dans des toiles très colorées. Mais si l’artiste ne se met aucune barrière, et cherche à émerveiller autant qu’à surprendre, à déconcerter c’est qu’il a une bonne raison.

Vincent Ramirez propose ce travail très personnel, au pouvoir évocateur puissant car il aime simplement la vie… Et il le dit! Comment ne pas être touché face à tant de vérité ?La vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds" disait Voltaire


Chronique n°11

Marie ULEYN

Tout de coquelicot vêtu, le printemps de Marie, est comme les champs qui entourent sa maison hesbignonne, il se colore petit à petit de vermillon.
De sa formation artistique pluridisciplinaire, Marie Uleyn a retenu le secret des couleurs évanescentes. Nous connaissions ses aquarelles d’une simplicité étonnante, minutieusement travaillées aux pigments, parsemées de signes imperceptibles.
Aujourd'hui, l’artiste nous étonne. Elle nous emmène au cœur d’une nature lumineuse qu’elle nous conte avec talent et poésie. Elle nous donne a voir une fleur qu'on ne peut pas cueillir, sous peine de la voir instantanément mourir.
Les cercles ont toujours eu une transcendance magique, symbolique et spirituelle dans le monde de l'art. Dans cette fleur rouge, je perçois le cercle Enso ou cercle zen qui symbolise la plénitude de la simplicité, l'infini contenu dans la perfection de l'harmonie.
C’est en fait, ce que cherche inlassablement Marie dans ses aquarelles, cette lumière pure qui unit le paysage à une certaine métaphysique. L’abstraction est toujours proche, sans pour autant écarter le rêve, le merveilleux et l’enchantement.
Avec cette œuvre nouvelle, les mots deviennent superflu. Quelle plus belle invitation à rêver devant ce qui nous échappe, à laisser un peu de côté cette soif de tout maîtriser.
Comme disait Nietzsche : « Il faut encore porter du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse ». Je souhaite au regardeur et à chacun, mille étoiles qui dansent


Chronique n°10

Lucien RAMA

Si le James Ensor des accumulations et des carnavals avait été méridional, il se serait appelé Lucien Rama.

Lorsqu’on découvre les œuvres de cet artiste, on ressent le même choc lumineux qu’au débouché des montagnes séparant l’Italie ou l’Espagne du reste de l’Europe.

La lumière qui baigne ses peintures révèle des couleurs, bonbons acidulés de notre enfance.

Et puis, le premier émoi passé, on se prend à rêver notre vie.

Ces rassemblements d’enfants et d’adultes, photos de groupe lors d’une rentrée scolaire ou souvenirs de la douceur de vivre à la plage, nous renvoient à notre mémoire.

Alors, regardant de plus près, on découvre que des animaux familiers tiennent compagnie aux enfants. Mais aussi que la Comedia dell’arte s’invite dans le tableau et que ses personnages côtoient des figures polymorphes.

Finalement, on comprend que l’artiste érudit nous ouvre un livre et nous le donne à lire.

Est-ce de sa vie ou de la nôtre dont il parle ?

(Vincent Ramirez)


Chronique n°9

Michel PEETZ
Le Peintre Illusionniste.

Puisant son inspiration aussi bien dans les domaines de l'architecture que du paysage, l'artiste plasticien Michel Peetz s'est inventé un univers singulier.Chaque œuvre est le fruit d’un travail extrêmement précis et rigoureux.
Il aime transformer des lieux abandonnés ou communs, comme le Casino d'Ostende, sous un ciel invariablement bleu.
Avec lui, le paysage touche à des dimensions nouvelles.
Parfait illusionniste, il joue avec les codes.Tout est invention: le logo, la maison d'édition, le papier carton...les saisons!
S'il peut réinventer des cartes postales semi-modernes, il aime aussi parcourir de vastes espaces naturels afin d’y capter de remarquables vues panoramiques.
Une patiente et minutieuse superposition de fines couches de couleur, des glacis, donnent progressivement naissance à des paysages totalement idéalisés.
Inspiré par la lumière et l’architecture des vitraux des cathédrales gothiques, le peintre est aussi passé maître dans son art de coloriste.Tout est illusion, le printemps est éternel dans les mains d'un peintre...


Chronique n°8

Daniel MOLINE, Arpenteur du Pays du Soleil-Levant.


Daniel Moline, comme le chat, a vécu 6 vies en un demi-siècle : philosophe, peintre, écrivain, éditeur, linguiste, calligraphe. Depuis 1973, il pose son regard de portraitiste aiguisé sur les gens et sur les choses qui l’entourent.
La philosophie n’est pas de l’art, mais elle possède avec l’art de profondes affinités
D’abord, il y a dans son œuvre artistique des ferments reconnaissables qui peuvent nous aider à approcher son univers: un soupçon de Spinoza, un brin de philosophie Zen. D’aucuns y voient la marque du peintre Francis Bacon, mais sans cette violence qui s’exprime dans des compositions vivement colorées et hantées par des personnages dont les visages paraissent comme disloqués.
La figure féminine chez Moline est quasi-omniprésente. Les modèles sont souvent jeunes, presque irréelles, tirées de son imaginaire ou non, qui nous rappellent que la beauté est éphémère.
D’où me vient cette harassante idée ?
A la Renaissance, on soulignait la blancheur et la pureté naturelle du visage. A notre époque, parce que la beauté est multiple et universelle, le portrait explore l’indicible.
Arpenteur de l'âme de son modèle, Daniel Moline a plus d'une couleur sur sa palette pour nous servir des vérités. «On ne désire pas les choses parce qu'elles sont belles, mais c'est parce qu'on les désire qu'elles sont belles » disait Spinoza, son maître en Philo.


Chronique n°7

André SLÀMA, le guetteur d’étoiles

La lumière est le fil conducteur de l’œuvre d’André Slama. Son appétit de lignes et d’images est toujours aussi vorace.
Peintre et dessinateur, cet ancien professeur de dessin, semble appartenir à cette lignée d’artistes post surréalistes, celle de Yves Tanguy et de Max Ernst.
Pourtant, moi, j’y vois un guetteur d’étoiles, un chorégraphe pictural.
Emporté par le vent de l’aventure artistique en 1964, ce peintre trop discret , fut un passionné de mythologie. Il nous a toujours invité à appréhender chacune de ses toiles comme une expérience à part entière au gré de l’imaginaire.
J’avais découvert son œuvre dans les années 80 à l’époque du réalisme magique. J’avais bien remarqué chez lui, un certain questionnement métaphysique, mais je ne devinais pas en lui, l'art de la « belle écriture.
Aujourd’hui, André Slama n’est pas devenu le simple spectateur de belles constellations. qui fusent sur l’écrin noirs de ses tableaux oniriques.
C’est un vrai un amoureux de la ligne qui reproduit la sagesse millénaire.
Comme dans la calligraphie Japonaise, ses derniers tableaux nous transmettent des éclats de lumière, des nuances vivifiantes et féeriques, légères et bienfaisantes. C’est cela aussi le printemps !


Chronique n°6
Francis DESIDERIO

Quand on s'appelle Désiré, comment ne pas aimer la vie ? Francis Desiderio, est un vrai épicurien. Issu d’une formation classique de sculpteur, son travail récent est profondément nourri des courants du pop art et de la Renaissance, comme le Printemps, le tableau majeur de Sandro Botticelli qui illustre son oeuvre ci dessous.
Il a vécu longtemps au Canada de sa passion première pour le moulage en plâtre monochrome. Il y réalisa de remarquables bas-reliefs et de nombreuses sculptures monumentales, mais ce «grand modeste » n’en parle guère, tant il est secret. C’est la marque des artistes artisans...
Après bien des années de travail d’architecte d’intérieur et de professeur, il se passionne pour l'archéologique.Il découvre l’art de la rue qui émerge en Amérique duNord et en Europe
« Il est temps aujourd'hui que notre intérêt pour le graffiti dépasse le socioculturel pour pénétrer dans le champ artistique.» affirme-t-il haut et fort.
Président du Cercle des Beaux-Arts de Liège, il fut aussi très actif dans la défense du statut des artistes, mais aujourd’hui, il aime travailler dans le calme de son atelier de la rue Renardi. Il explore de nouveaux médiums, la photo et l’acrylique, tout en développant une œuvre riche en couleurs, en motifs, en formes, qui invite à la contemplation et à la réflexion sur la société de consommation.


Chronique n°5

Cynthia EVERS

 

Le printemps pour elle, c'est le temps du renouveau. La peintre veut avant tout susciter, par-delà la stupéfaction, l’attention sur les petites choses de la vie.

Le regardeur n’est pas sollicité en vue d’une subjugation esthétique, mais pour participer à une forme d’équilibre entre l’angoisse devant le temps qui avance a petits pas, le partage émotionnel face au spectacle beau et tragique de la fragilité du bonheur, mais qui perdure

Son univers poétique? Son corps, ses mains, sa nuque, sa gorge, les remous d'un chandail. Voilà autant de petites caractéristiques de sa démarche artistique.

Cynthia sublime les plis d'une étoffe comme les rides du temps. Elle met en valeur les attitudes, les petits riens, les petits détails indispensables. Toute chose à son utilité dans l'univers, même le vent, même les pierres, n'est-ce pas?

Voilà une artiste qui embarque son spectateur dans des tranches de vie, assez sombres d'aspect, mais tellement lumineuses de sens. Voilà enfin des tableaux où respirent le respect, l’authenticité et une remarquable technique.. De façon plus spécifique, voilà un corps qui respire.Et que c'est beau la vie....


Chronique n°4:

Alain BRONCKART

Le printemps est omniprésent dans l’œuvre graphique d’Alain Bronckart. En quelques années, le passeur d’art, a ainsi créé un style tout à fait original, en harmonie avec sa personnalité.
Chez lui, tout est méditation.Tout est intuition. Un dessin n’est jamais vraiment le fruit du hasard. C’est peut-être pour cela qu’il aime travailler dans l'univers musical du compositeur estonien Arvo Pärt ?

La grande force de son parcours, c’est sa volonté de vouloir explorer l’imaginaire, de poser un autre regard au monde, de donner du sens à ses pensées.
Longtemps, j’ai cru qu’il dessinait des eucaryotes et des procaryotes imaginaires. Longtemps j’ai cru qu’il pratiquait le Sumi-e, un courant de la peinture japonaise tant ses dessins, longuement travaillés interrogeaient la perception des sens, la mémoire, les souvenirs.
Au fil des expositions, j’avais bien remarqué que ses encres étaient intimement associées à la ligne et au point, à la reconstruction d’un infini. J’y retrouve la culture raffinée de Muromachi, les dogmes du Spirituel dans l’art de Kandinsky car chaque œuvre naît, chez lui, exactement comme naquit le cosmos, dans le chaos.
Mais pour lui, l'art de peindre est aussi un art de penser. Son œuvre, intuitive et lumineuse, n’est pas le fruit du hasard.
Son parcours d’artiste ne comporte pas de message, pas d'orientation, elle est un point de départ donné à celui ou à celle qui regarde. Il est laissé à chacun la liberté de s'émouvoir, de s'approprier et de penser l'œuvre.
Un peu comme un attrape-rêves...


Chronique n°3

Jean-Claude COENEN

Les peintures de "plein air" de Jean Claude COENEN nous invitent à capter l'énergie qui relie l’homme à la nature. Il est là devant nous, ce printemps inattendu: paisible et lumineux.
C’est peut-être pour cela que cet artiste a choisi de vivre au cœur des Ardennes à Lamormesnil. Il fut longtemps professeur aux Beaux-Arts de Liège. Mais ce qu’il aime par-dessus tout, plutôt que les vastes étendues, ce sont les ombres habitées des bosquets.
Il s’agit pour lui d’approcher l’infiniment petit, l’intimité des herbes folles, les entrelacs d’une brindille, les sous-bois avec une belle lumière.
C'est pourquoi ses œuvres dépassent toujours la frontière entre figuration et abstraction, entre paysage extérieur et paysage intime. Elles évoquent, suggèrent plus qu'elles ne décrivent, ouvrant des horizons insoupçonnés.
Avec lui, l’art n'est plus contemporain, il est intemporel: « L’artiste doit toujours créer un lien existentiel entre vibration, émotion et beauté.C'est peut-être pour cela que l'on admire son parcours.



Chronique n°2

FLORKEY

Tout le monde reconnait les oeuvres de Botticelli, le chantre de la Renaissance.Beaucoup ignorent les multiples visages de l’art urbain dans notre pays. Ultra-colorées et pétillantes, les œuvres actuelles de Florkey intègrent des symboles de la pop culture.
Un mère pianiste, un père dessinateur. Florian Caucheteux est surtout un remarquable artiste plasticien polyvalent, héritier de la pop culture: graphisme, design, street art, il maîtrise les divers médiums de la création actuelle tout en étant en quête de perpétuelle d’innovation. Malgré son attachement particulier aux valeurs du graffiti, il a également su conjuguer sa carrière professionnelle avec des projets innovants comme le relooking de la marque Bernard-Massard. Il s’inspire de tout ce qui l’entoure : la typographie, l’estampe, les playmobiles, les châteaux de la Loire, tout cela afin de créer des œuvres polymorphes dans un style particulièrement coloré et minimaliste mais paradoxalement chargé de références esthétiques. Voilà un jeune qui aime tout simplement "créer" et vivre avec spontanéité, quel que soit le lieu de la création.N'est ce pas cela le printemps?


Chronique n°1

Guy BERBE

Un violoncelle égaré parmi des bottes de poireaux ? Le visiteur reconnaît au premier coup d'œil la «griffe» de GUY BERBE. Ne cherchez pas le paradoxe. Les tableaux de cet Ucclois vous plongent dans une douce poésie de la couleur et des formes, les objets devenant source de méditation. Les tableaux de ce sage né en 1937 n'ont volontairement pas de titre. Son univers privilégié est celui des objets familiers. Il les choisit et les associe en une composition qui les entremêle et les répète uniformément sur toute la surface de la toile. Il fut l'élève de Paul Delvaux à l'Ecole supérieure d'architecture et des arts visuels de la Cambre.
Il hérita de son maître le goût pour le dessin, une technique réaliste, admirablement dominée.Et de sa gentillesse...et son humanité.