INTERVIEW

Rencontre avec nos partenaires et personnalités du monde Culturel...

Luc Bawin

 

Quel est votre lien avec le Centre culturel ? Comment nous connaissez-vous ?

Je connais le centre culturel par certaines de ses activités. Je participe aussi depuis trois ans à l’AG en tant que représentant de Inter-Actions (La Croisette).

Nous connaissons votre vie professionnelle, mais voulez-vous nous en dire plus ?

Au plan professionnel, bien que retraité, j’exerce encore une activité de conseiller médical à l’ONE dans le département Adoption. Je suis aussi médecin bénévole auprès de la plateforme citoyenne d’accueil des réfugiés.

Dès que le confinement a commencé, quel a été votre état d’esprit?

Quand le confinement a commencé, mon sentiment était celui d’appartenir à un grand mouvement de solidarité de la population belge face à cette menace du covid 19. Mais l’isolement ne m’a pas trop effrayé, car j’aime aussi la solitude.

Comment occupez-vous aujourd’hui, professionnellement, vos journées? Et vos loisirs ?

Mes journées sont partagées entre l’écriture, le jardinage et le télétravail : visioconférences, travail de dossiers…

Avez-vous gardé le contact avec le public, les gens qui vous suivent ou d'autres amateurs qui partagent votre passion?

Je garde le contact avec mes proches. Il s’est même parfois intensifié grâce à de nombreux entretiens de visioconférences que je n’utilisais jamais précédemment.

Quels sont vos projets d’après confinement?

Mes projets de déconfinement sont d’abord de retrouver la famille et les amis. Mais aussi de pouvoir prendre des contacts plus directs pour la promotion de mon livre.

Quelles sont vos bonnes résolutions?

Je ne prends jamais de « bonnes résolutions ». J’essaie simplement de vivre au mieux chaque journée qui commence…

Un message à adresser à notre public, aux citoyens ?

Un message ? Deux !

1. Evitons le simplisme : il conduit toujours les problèmes vers des solutions totalitaires.

2. Restons ouverts à la différence, à tous niveaux : humain, culturel, religieux… Ce sont les vraies richesses de notre humanité.

Un coup de cœur culturel ? Un livre ? Une chanson…

Un livre qui date de 2017 mais qui est une des plus belles déclinaisons de la problématique de la différence ethnique : « L’Art de perdre » d’Alice Zeniter.

 


Jean DUFOUR

Quel est votre lien avec le Centre culturel ? Comment nous connaissez-vous ?

Mes liens avec le centre culturel de Hannut remontent à … bien longtemps, au milieu des années 80, quand Alain Bronckart, tout jeune, tout mince et tout crollé, venait animer les premières 24 Heures puzzle dont il avait d’ailleurs créé les premières affiches !
Les collaborations avec la Passerelle et Inter-Actions se sont ensuite succédé, au fil du temps, et sous des formes diverses. Actuellement, c’est le projet théâtre d’Inter-Actions qui bénéficie du soutien et des encouragements du centre culturel, pour le plus grand bonheur des comédiens (en situation de handicap) qui participent à cet atelier.
Par ailleurs, c’est à titre plus personnel que j’ai établi des liens avec l’équipe du centre culturel, qui a soutenu mes deux premiers « seul-en-scène » (« Petite leçon de Zérographie » et « Brassens sans soutien-Georges ») et a même accueilli et soutenu la création de mon dernier chef-d’œuvre en 2019 (« La véritable histoire des 4 petits cochons »).
Et enfin, en tant que spectateur, j’essaie de profiter autant que possible des opportunités qui nous sont offertes de découvrir des spectacles, concerts ou autres présentations à deux pas de chez nous. Mon dernier grand souvenir est la conférence de Joseph Schovanec en juin de l’année dernière : une rencontre unique, intéressante et interpellante, riche en émotions !

Nous connaissons votre vie professionnelle, mais voulez-vous nous en dire plus ?

Après divers emplois durant 5 ans, après avoir ensuite participé à la création de la Passerelle (service résidentiel de nuit et de logements supervisés pour adultes en situation de handicap), puis d’Inter-Actions (service d’accompagnement), après avoir été directeur de l’une pendant 36 ans, et avoir cumulé cette fonction avec la direction de l’autre durant ces 5 dernières années, j’ai rejoint le camp des retraités ce 1er mai (jour de la fête du travail : un signe !). Ma vie professionnelle s’écrit donc au passé. J’ai décidé de ne pas garder de responsabilités dans ces services, même si l’envie y était, mais de laisser toute la place à ma remplaçante et aux équipes en place, afin de ne pas « jouer les belles-mères ». Décision difficile, tant les relations humaines, la proximité et la complicité sont particulièrement présentes et importantes dans cette fonction.

Dès que le confinement a commencé, quel a été votre état d’esprit ?

Je suis plutôt du genre à relativiser. Donc, première réaction : pas de panique, ça va passer. Puis, il a bien fallu se rendre compte que ce n’était pas un épisode furtif, sans céder au catastrophisme pour autant. Plutôt une sensation d’étrangeté, de vivre dans une autre réalité, sans trop savoir ce qui se passait et ce qui allait suivre.
Au niveau professionnel, par contre, il a fallu prendre des mesures, en concertation avec le Conseil d’administration, les responsables, les travailleurs et les bénéficiaires eux-mêmes. Peu à peu, l’impression d’une grosse tuile qui allait, si pas anéantir, mais au moins freiner les efforts consentis par tous depuis des années. La mise en place de mesures de protection bien légitimes constitue, en corolaire, un frein, fût-il passager, à la progression de ces personnes en situation de handicap, vers plus d’autonomie, un cheminement entamé souvent de longue date. Heureusement, ce fut aussi l’occasion d’activer créativité et solidarité dont tous ont fait preuve et continuent d’ailleurs de développer en ce moment.
Et surtout, pour ma part, un gros malaise de quitter le navire en pleine tempête, et de laisser la nouvelle direction et les équipes en place se débrouiller avec la gestion de cette situation inédite… même si je leur fais entière confiance !

Comment occupez-vous aujourd’hui, professionnellement, vos journées ? Et vos loisirs ?

La conjonction de l’entrée en retraite et du début du confinement m’a contraint à revoir mes projets. Une date pour mon spectacle en juin (et les répétitions préalables qui y étaient liées), un stage d’écriture, un projet collectif d’écriture d’un spectacle… tout cela tombe à l’eau ou est reporté. Selon un rythme ralenti, je partage mon temps entre diverses activités, avec l’impression, propre aux retraités, que les journées passent toujours trop vite. Délesté des contraintes professionnelles, j’ai le luxe de gérer mon temps … ce qui, au final, n’est pas nécessairement aussi simple qu’on le croit. Je me rends compte que d’avoir un emploi aide considérablement à structurer son temps et à poser des choix. Devant une large plage de temps libre, la tentation est grande de commencer des tâches sans les finir, et de procrastiner sans scrupules.
Pour citer ces occupations dans le désordre, il y a la poursuite d’une collaboration avec la « plate-forme logement de Huy-Waremme » pour laquelle je rédige la section « handicap » du site internet en création, il y a des lectures (beaucoup … surtout des romans, mais pas que), une réflexion avec une coach en entreprise sur l’utilisation du conte dans ses animations et, peut-être, la réalisation d’une vidéo, l’enregistrement du commentaire d’un documentaire amateur, l’alimentation pseudo-quotidienne de mon blog de petits billets prétendument humoristiques … mais aussi les tâches ménagères (un peu), les petits travaux (avec une tendance à la procrastination particulièrement aigüe), des coups de main en tant que chauffeur pour la plateforme d’accueil des migrants, la télévision (infos et films), les visites (réduites) des enfants et petits-enfants et les petits coucous à ma vieille maman de 89 ans …Bref, un peu de tout, sans encore avoir un gros projet central mobilisateur qui remplacerait mon investissement professionnel.

Avez-vous gardé le contact avec le public, les gens qui vous suivent ou d'autres amateurs qui partagent votre passion ?

Durant mes dernières semaines de travail, les contacts avec les collègues et les bénéficiaires se sont fortement réduits, confinement oblige … et depuis ma retraite, ils se limitent à quelques rares mails ou coups de fil pour des renseignements pratiques.
Au niveau artistique, les contacts sont également réduits à leur portion congrue et transitent essentiellement par des messages. L’impression d’être en hibernation et d’attendre que le beau temps revienne.

Quels sont vos projets d’après confinement ?

Il s’agira de choisir des projets parmi l’éventail des possibles… entre l’intention de poursuivre un engagement de type social et l’envie de continuer sur la voie artistique, via l’écriture, le théâtre … ou via une formule qui permettrait de combiner les deux. Rien de précis encore, à part une candidature introduite pour une formation d’écrivain public, une autre pour l’enregistrement de livres pour malvoyants, la fin du tournage d’un film amateur de fiction entamé en hiver sur le thème du Goulag … et l’organisation des 90 ans de ma maman ! Profiter aussi de ce temps disponible pour certaines sorties et découvertes à deux (musées, expos, conférences, balades … nous allons enfin pouvoir assister aux conférences du lundi après-midi du centre culturel !) et l’écriture d’un récit plus personnel (une semaine de retraite en solitaire programmée en Ardenne en juillet). Également une semaine à la mer avec les deux petits-enfants. Sans oublier … repeindre le salon … un jour.

Quel est votre idéal de bonheur ?

Etre bien avec soi-même, bien dans sa tête, bien dans son corps. Pour ensuite être bien avec les autres. Arriver à trouver un équilibre entre son bien-être personnel et le maintien d’une attention au monde qui nous entoure, et qui change, qui souffre, qui déconne…souvent. Mais pas que, heureusement. Arriver à garder un certain enthousiasme, malgré tout.

Un message à adresser à notre public, aux citoyens ?

Un message tout simple de Brassens : "Gloire à qui n'ayant pas d'idéal sacro-saint se borne à ne pas trop emmerder ses voisins ».
Si on pouvait déjà atteindre ce seuil minimal, cela nous débarrasserait de tous les racistes, profiteurs et exploiteurs de tous poils. Ou du moins de leurs idées et comportements.

Un coup de cœur culturel ? Un livre ? Une chanson…

Mon dernier coup de cœur en lecture : « Feel Good » de Thomas Gunzic. Une belle plume intelligente et drôle. Un récit humain bien ancré dans la réalité.
Et en chanson : « Qu’est-ce que tu crois » de Mouloudji. Elle a servi de final au spectacle « Backstage » auquel j’ai participé en février au Moderne à Liège … Des paroles qui s’adressent à tous … et notamment au retraité que je suis devenu !



Interview de Jean-Claude Dubois que nous remercions vivement.

 

N. B. > Mon écran n’est pas équipé de caméra, j’avais la possibilité du smartphone, mais seul, ce n’est pas aisé, c’est pourquoi j’ai opté pour l’écriture !

Les questions:

 

⁃ Peux-tu décrire en quelques lignes ton lien avec le Centre culturel de Hannut?

Je suis un fan de culture et mes domaines de prédilections sont principalement la photographie, la peinture et la sculpture. Pour la musique, je suis country et ensuite jazz. Les musiques folkloriques du monde sont aussi pour moi un régal.

C’est à 60 ans en janvier 2007 que j’ai arrêté de travailler, je cherchais en fait une nouvelle occupation photographique en bénévolat. (J’ai commencé à faire de la photo à l’âge de 12 ans après avoir reçu mon premier appareil. C'est petit à petit que le virus c’est installé)

Mes attaches avec le CCH et notre collaboration ont débuté en septembre 2007 grâce à un concert de Steve Houben dans la salle du Henrifonfaite de Bertrée. J'y ai fait à la demande du CCH mon premier reportage photo.

Aujourd’hui, bien classé, j’ai sur mon PC 650 fichiers pour un total approximatif de 25.000 clichés uniquement pour le CCH.

Depuis maintenant quelques années, je représente le service Club le Kiwanis lors des AG du CCH.

 

⁃ Quelles sont tes passions actuelles?

 

Encore et toujours la photographie au premier plan bien qu’avec le confinement et le manque d’évènements ce soit limité actuellement.
Il y a aussi le Blog de Sudinfo dédié à Hannut qui m’occupe journellement.

Je fais partie aussi de 3 groupes de travail communal: la Commission consultative communale d’Aménagement du Territoire et de Mobilité où je suis vice-président, la Commission locale du Développement rural et la Commission locale du Développement de la Nature. Là aussi, actuellement, c’est le grand vide puisqu'il n'y a pratiquement plus de réunion …
J’assure aussi le secrétariat de l’ "Amicale des cadres ayant œuvré dans les activités liées à la Sidérurgie liégeoise" depuis 2008, car les 7 dernières années de ma carrière j’étais secrétaire de l’association des cadres d’Arcelor Liège.
Et enfin, il y a le Kiwanis Hannut Geer-Mehaigne (Service Club international). J’y ai été vice-président, président, directeur des œuvres (2x) et depuis 6 ans responsable de la communication. Là aussi, depuis le confinement, plus rie si ce n’est des échanges de courriels, les coups de fil et de temps à autre les vidéoconférences.
… Et puis les courses (mon épouse étant confinée depuis le 15 décembre 2019 à la suite de sa maladie) ainsi que l’élaboration des repas quotidiens … (J’adore !)

 

⁃ Dès que le confinement a commencé, quel a été ton état d’esprit?

 

Le coup de massue sur la tête. Aïe ! … Comment allons-nous faire ?
Finalement, après pas mal de réflexions, dans l’ensemble, mais après avoir râlé quelques jours, les choses se sont mises en place.

 

⁃ Comment occupes-tu aujourd’hui tes journées?

 

Je fais du rangement, je regarde mes anciens albums, les anciennes diapositives, etc. Il me reste toutefois à jeter un œil sur des dizaines de kilomètres de film super 8 de 1971 à 1980 …
Il y a aussi le Blog de Sudinfo dédié à Hannut qui m’occupe 2h à 2h30 par jour,
Les contacts réguliers via des sites partagés avec les commissions communales, pour le Kiwanis c’est la même chose.
Pour le « Reste », c’est pratiquement « Silence Radio ».

 

⁃ As-tu gardé le contact avec le public, avec les gens qui te suivent?

 

Oui, bien entendu, déjà via le blog Sudinfo avec les lecteurs (de 40.000 visites on est passé à 60.000 !).
Et puis, il y a les réseaux sociaux pour garder le contact avec les amis !

⁃ Quels sont tes projets d’après confinement?

Principalement, ce sera retrouver physiquement notre fils, mes deux ‘’grand’’ petits fils de 19 & 17 ans, les amis et les connaissances. Ce sera aussi les étreindre, leur serrer la main et parler haut & fort, rigoler ensemble pour refaire le monde !
Continuer dans la lignée de l’avant Covid, reprendre une activité normale … Aller chez le coiffeur, m’offrir une chemise que j’ai réservée au début du confinement, boire un bon verre en terrasse, aller au restaurant.
Partir quelques jours avec des copains (c’était prévu fin de ce mois, mais à une vingtaine) car axés sur des visites nature, de musées, mais aussi de caves vinicoles… Tu comprends ?
Et enfin, revoir des sourires ! Entendre des éclats de rire !

 

⁃ Des bonnes résolutions?

 

Il y en aura ! C’est certain ! J’y pense souvent, ce confinement changera ma manière de voir les choses dans certains domaines, voire de vivre autrement d’une certaine manière, plus raisonnée sans doute.
Mais n’oublions pas, dans la vie, il faut un peu de folie, c’est le sel, le piment de la vie … et à l’aube de mes 73 ans je n’ai pas l’intention de m’en passer !

⁃ Un message à adresser à notre public?

Attendons d’abord d’en sortir, prenons le temps qu’il faudra, ne précipitons pas les choses, ayons confiance en l’homme/femme.
Malgré tout, je crains certains drames inévitables de la vie, mais aussi ceux liés au commerce. Nous devons nous battre, être solidaires, aider les autres, c’est impératif à une bonne reprise. Il y a réellement des gens à sauver. Nous n’y arriverons que par nos actions de tous les jours.
Sur le plan purement culturel maintenant cela ne sera pas facile certes. Revenir rapidement à une vitesse de croisière « Normale » va prendre du temps.

Pour le CCH, je souhaiterais voir des vernissages avec un plus large public, des activités et des évènements sold-out !

La culture, quel que soit le domaine est indispensable, c’est une richesse, une ouverture d’esprit, c’est l’autre et le regard qu’il a au travers de son art !
Bon-Vent à « Rencontre avec des personnalités marquantes ». Merci de m’avoir permis d’essuyer les plâtres avec cet homme talentueux qu’est Jacques Mercier !

Encore bravo à vous, cette équipe de choc pour ce que vous faites et ferez encore pendant cette bien triste période !