DOSSIER PÉDAGOGIQUE

La Caravane du Court

> 2 avril 2019 - 10h et 14h

Les projections que nous vous proposons comportent chacune 5 courts métrages à destination du secondaire supérieur. Afin de pouvoir préparer cette projection en classe avec vos élèves, vous trouverez dans ce dossier quelques pistes de réflexion à aborder avec eux, notamment sur le genre même du court métrage, mais également sur les sujets abordés dans  les films programmés.


LE GENRE DU COURT MÉTRAGE UN COURT MÉTRAGE,  C’EST QUOI ?
Un court métrage est un film d’une durée plus courte que la durée classique des films commerciaux diffusés en salles. Généralement, la frontière est fixée à 60 minutes. Pourquoi parle-t-on de « métrage » ? Ce terme fait référence à la longueur de la bobine. N’oublions pas en effet que, avant le numérique, pendant plus d’un siècle, les films étaient tournés et projetés en pellicule, essentiellement du 35 millimètres ! Selon le CNC (le Centre National de la Cinématographie) français, un court métrage est un film dont le métrage n’excède pas 1.600 mètres en 35 mm, soit environ 59 minutes. A noter cependant que l’on peut faire des distinctions : • Un film entre 1 et 3 minutes peut être nommé un « très court métrage ».
• Un film entre 30 et 60 minutes, quant à lui, est souvent appelé un « moyen métrage ». On a l’habitude de dire que le court métrage est au long métrage ce que la nouvelle est au roman. La nouvelle, genre littéraire à part entière, est en effet un récit court. En règle générale, les personnages d’une nouvelle sont peu nombreux et brièvement décrits. Son action est assez simple mais construite de façon à ménager un effet de surprise au dénouement (ce que l’on appelle la chute). Toutes les formes et genres cinématographiques peuvent se retrouver dans les courts métrages. On aura ainsi des courts métrages documentaires, expérimentaux, de fiction ou d’animation, de même que des courts métrages dramatiques ou comiques. 


UN COURT MÉTRAGE,  ÇA SE VOIT OÙ ?
Pendant de nombreuses années, lorsque les spectateurs se rendaient au cinéma, ils avaient la possibilité de découvrir un court métrage avant la projection du long métrage. Ce n’est malheureusement plus le cas. Le court a été remplacé aujourd’hui par de nombreuses publicités et bandes annonces… et ce pour répondre à des demandes commerciales ! 
Aujourd’hui, l’un des meilleurs créneaux de diffusion pour un court métrage est le réseau des festivals. L’un des festivals les plus importants en la matière est le Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand en France qui se déroule chaque année au mois de février.


LA CARAVANE DU COURT DOSSIER PÉDAGOGIQUE
Le format court métrage est également visible sur Internet où des sites lui sont consacrés ainsi que via la VOD (vidéo à la demande). On trouve également quelques supports spécialisés tels la revue trimestrielle BREF ou le site FORMAT COURT. Certaines chaînes de télévision comme ARTE, Canal +, Be TV ou encore la Trois (RTBF) achètent également
 
 
des courts métrages en vue d’une diffusion. Enfin, soulignons une excellente initiative : depuis 2011 en France et 2014 en Belgique, le 21 décembre (journée la plus courte de l’année et marquant le début de l’hiver), a lieu « Le Jour le plus court », journée consacrée au court métrage avec de nombreux événements permettant de découvrir ce format.


UN COURT MÉTRAGE,À QUOI ÇA SERT ?
Avant toute chose, n’oublions pas que le cinéma est né avec le format court. Les films des frères Lumière, à la fin du 19ème siècle, sont en effet bel et bien des courts ! Tourner un court métrage demande beaucoup moins de moyens qu’un long métrage. C’est pourquoi les tout premiers cinéastes, au moment de la naissance du cinématographe, réalisaient des courts. C’est l’une des raisons pour lesquelles la plupart des réalisateurs commencent par ce format, notamment dans le cadre des écoles de cinéma. Un étudiant en filière « Réalisation » dans une école comme l’INSAS, l’IAD, La Cambre ou la HELB termine son cycle universitaire en réalisant, comme film de fin d’études, un court métrage ! Ce film sera une vraie carte de visite pour la suite. Ce format est donc souvent considéré
comme un tremplin mais aussi comme un laboratoire d’essais où il est possible de tenter des choses, tant au niveau de la forme que du fond. Il offre en effet une souplesse et une liberté qui ouvrent la voie aux expérimentations. Cependant, le court métrage est un genre en soi et il n’est pas rare de voir des réalisateurs confirmés revenir au format court, entre deux longs métrages  : citons par exemple Denis Villeneuve (réalisateur de «  Incendies  »  , « Prisoners » ou « Arrival ») avec « Next Floor » ou encore Joachim Lafosse (réalisateur de « A perdre la raison » et « L’Economie du couple ») avec « Avant les mots ». Il reste donc un laboratoire où certains cinéastes avertis continuent à essayer de nouvelles formes et à faire preuve d’une grande imagination narrative !



LES ÉTAPES
L’ÉCRITURE : la base de tout car pas de bon court métrage sans un bon scénario !
LA RECHERCHE D’UN PRODUCTEUR qui va se charger du financement (aides étatiques, coproductions, pré-achat TV, …)
LA PRÉ-PRODUCTION  (matériel, équipe technique, casting, préparation du tournage)
LE TOURNAGE
LA POST-PRODUCTION (étalonnage, montage, mixage,…)
LA DIFFUSION  (sélection en festivals, achat TV, VOD…)

UN COURT, ÇA SE RÉALISE  AVEC QUEL BUDGET ?
Bien évidemment, les budgets sont très différents selon les projets, la durée du court métrage, son envergure, mais également le plan financier (aides régionales, coproductions…) qui influe grandement sur le coût final.  Pour vous donner une idée, le budget d’un court métrage, produit en Belgique, s’échelonne de +/- 30.000 à 150.000 euros. Le producteur a pour mission de récolter le financement et l’aide logistique nécessaire à la bonne réalisation du projet. Pour ce faire, il va frapper à différentes portes, dont celle du Centre du cinéma de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Celui-ci dote certains projets, choisis par une commission indépendante, d’aides à la création. L’apport maximal pour une aide à la création est de 42.500€ (court métrage de fiction) et de 50.000€ (court métrage d’animation). Le producteur peut également essayer d’obtenir du financement via certaines Provinces qui ont des fonds spécifiques destinés à la production de courts métrages. En outre, des bourses d’aides aux repérages peuvent être attribuées à certains projets notamment via le Bureau d’accueil de tournages CLAP ! Il va également voir si le projet peut trouver des coproducteurs à l’étranger, ce qui permet alors de frapper à d’autres portes pour récolter d’autres fonds (notamment  les aides régionales françaises).



UN COURT, ÇA SE RÉALISE EN COMBIEN DE TEMPS ?
Le processus filmique est un processus lent et difficile, comme l’explique avec humour la publicité que Canal Plus a réalisée il y a quelques années. (cf page centrale) En moyenne, on peut dire que le tournage d’un court métrage dure entre 5 et 10 jours, contre
plusieurs semaines/mois pour un long métrage. Il ne faut pas oublier le temps de préparation avant le tournage (repérages, casting…) et toute la post-production nécessaire après (montage, étalonnage, mixage…)  ! Certains réalisateurs mettent plusieurs années pour développer leur court métrage.


PETIT LEXIQUE
LE RÉALISATEUR : On le compare parfois à un chef d’orchestre. Il est responsable de ce qui se passe devant la caméra et dirige l’équipe qui va créer le film.

LE SCÉNARISTE : C’est la personne qui écrit le scénario. Il rédige l’histoire du film et indique comment cette histoire va être montrée aux spectateurs.

LE PRODUCTEUR : C’est lui qui finance ou coordonne les financements d’un film et contrôle les dépenses par rapport au budget.

UN PLAN : C’est une prise de vue sans interruption. C’est l’unité de base du langage cinématographique. Au tournage, c’est ce qui est enregistré entre le moment où l’on allume et le moment où l’on éteint la caméra.
LE CHAMP : C’est toute la portion d’espace captée par la caméra que le spectateur peut voir à l’image.

L’ANGLE DE VUE : Correspond à la position de la caméra par rapport à l’objet ou au personnage filmé. On parle de « vue en plongée » si la caméra filme les personnages par-dessus et de « vue en contreplongée » si elle le fait par-dessous.

PLAN FIXE : C’est lorsque, dans un plan, il n’y a pas de mouvements de caméra. ÉCHELLES DE PLAN : On appelle « échelles de plan », les différents types de manière de filmer un plan du film. On parle de « gros plan » lorsque l’on filme de très près et à l’inverse de « plan général » si on film tout un décor de loin. Entre ces deux opposés, on trouve plusieurs types de plan : le plan rapproché, le plan américain, le plan italien, le plan moyen, le plan d’ensemble…

LE HORS CHAMP : C’est ce qui se passe hors du champ de vision de la caméra mais que nous savons être présent dans la scène parce que nous l’entendons, nous l’imaginons ou parce qu’un autre plan nous l’a montré avant.

LES MOUVEMENTS DE CAMÉRA : Pendant le tournage d’un plan, la caméra peut être immobile, pour donner un plan fixe, ou bouger, d’une façon ou d’une autre, pour donner un plan en mouvement. Les mouvements de caméra sont obtenus soit par rotation de la caméra sur son axe horizontal ou sur son axe vertical (panoramiques, horizontal ou vertical), soit par déplacement de la caméra par divers moyens (travelling avant, arrière ou latéral)

LA POST-PRODUCTION : Il s’agit de toutes les étapes après le tournage. Le montage est l’opération qui consiste à assembler les images et les sons en vue de constituer la version complète d’un film. L’étalonnage consiste à améliorer le rendu des images (uniformisation de tous les plans et tentative d’apporter au film une identité visuelle qui lui soit propre). Le mixage son est l’opération finale de la postproduction d’un film et il consiste à mélanger un certain nombre de sources sonores afin de parvenir à un équilibre cohérent.